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Taxation des transactions financières : le double jeu de la France

1Les onze pays de la zone euro concernés par le projet de taxe sur les transactions financières ne sont pas parvenus à un accord lors de la réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles le 9 décembre 2014. C’est en effet au cours de ce conseil que ce projet porté par la France et l’Allemagne, mais rejeté par le Royaume-Uni, devait être voté.

Les ONG Aides, Coalition PLUS, Oxfam France et Attac France se déclarent « sidérées de constater que la France est prête à se priver de milliards d’euros de recettes supplémentaires par an afin de protéger les privilèges du lobby financier. Car Michel Sapin (ministre des Finances), en dévoilant la position française le mois dernier, s’est fait officiellement l’avocat personnel des grandes banques françaises, ce que les associations craignaient depuis déjà longtemps ».

Concrètement, cela veut dire que la France a volontairement et unilatéralement fait capoter ce projet en excluant au dernier moment les transactions bancaires, autrement dit les mouvements de spéculation à terme gérés par les traders (voir l’affaire Jérôme Kerviel) et qui constituent la majorité des échanges financiers, la taxe ne touchant plus que l’achat et la vente d’actions.

Cela démontre une fois de plus le pouvoir occulte et exorbitant des banques et opérateurs financiers, mais aussi la duplicité des politiques qui, pour se faire élire (François Hollande) ou faire un coup de comm (Nicolas Sarkozy), n’hésitent pas à faire des promesses qu’ils savent pertinemment ne pas pouvoir tenir ou travestir la vérité des faits pour faire croire qu’ils viennent de « sauver le monde ».

A l’heure du chômage de masse, de la paupérisation d’une partie de plus en plus grande de la population alors que le nombre de riches et leur richesse augmente chaque année, la question se pose de savoir où va la société française, où va l’Europe : soumission hypocrite aux puissances de l’argent (le dieu Mammon dans la Bible) ou volonté de combattre un fléau qui touche toutes les sociétés au seul profit d’une ultra-minorité qui veut diriger le monde pour mieux le saigner ?

Oui, il faut prier pour nos dirigeants, même et surtout s’ils ne le méritent pas !

 

Paul Opitz