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Torture : Marine Le Pen n’est pas contre

Dans une interview à BMFTV, Marine Le Pen estime que, dans certaines circonstances, la torture peut être nécessaire. Devant la polémique qu’elle a ainsi lancée, elle tente de minimiser ses propos et accuse les médias de manipulation. Maître Collard, lui, n’a pas honte de ses propos puisque lorsque, dans la foulée de Marine Le Pen, il affirme lui aussi justifier la torture dans certaines circonstances, il ne se rétracte pas.

Marine Le Pen se situe clairement dans la lignée de son père Jean-Marie Le Pen qui a pratiqué la torture pendant la guerre d’Algérie et qui s’en est vanté dans maintes interviews. Les Le Pen sont dans la lignée du funeste Général Aussaresse, « héros » de la guerre d’Algérie au cours de laquelle il a inventé la « contre insurrection », c’est-à-dire des techniques de torture à l’échelle industrielle pour arracher aux prisonniers des informations par tous les moyens. Techniques que ce général justifiait exactement avec les mêmes arguments que Marine Le Pen qui ne fait que relayer la position de la CIA sur ce sujet. C’est d’ailleurs ce même général Aussaresse qui, en 1962, a été recruté par les américains pour leur apprendre ces nouvelles techniques de torture qui furent ensuite appliquées avec zèle dans tous les pays du monde par l’armée officielle US mais aussi par la CIA jusqu’au scandale révélé par le rapport du Sénat le 10 décembre 2014. Ensuite, le général Aussaresse a enseigné son savoir-faire aux tortionnaires d’Amérique Latine dont la funeste dictature militaire au Brésil dans les années 1970. La torture est donc une longue tradition française que les Le Pen ont toujours défendue, même si le discours politiquement correct de Marine Le Pen a pour but de faire oublier ces prises de position trop marquées à l’extrême droite et faire passer le FN pour un parti « normal ».

La fin justifie-t-elle tous les moyens, y compris la torture, la haine de l’étranger et de l’immigré cause supposée de tous nos maux (syndrome du bouc émissaire), l’exclusion et la discrimination au nom d’une prétendue « identité nationale » qui n’est qu’un mythe passéiste et à la supposée grandeur d’une France de race blanche et pure ? Marine Le Pen le pense et c’est même un des fondements du parti qu’elle préside et qu’elle n’hésite pas à partager avec d’autres partis ayant des accointances avec d’anciens nazis.

Est-elle légitime quand elle se réclame des valeurs chrétiennes en affirmant encore récemment que Vladimir Poutine est «un homme attaché aux valeurs, qui sont celles de l’héritage chrétien de la civilisation européenne» (interview accordée au quotidien autrichien Kurier) ?

Tout en affirmant être la seule à défendre la laïcité en France, elle n’est pas à une contradiction près. Elisabeth Badinter exprime clairement la stratégie du FN sur la laïcité : « Marine Le Pen n’est pas laïque. Elle a mis la main sur un mot, laïcité, mais elle reste étrangère au combat laïque. Sa laïcité à deux vitesses ne s’appliquerait qu’aux seuls musulmans. Elle veut supprimer totalement l’islam et les musulmans de l’espace public. En réalité, elle habille et maquille les obsessions et les ostracismes traditionnels du FN avec un mot républicain. » (Le Point)

Les chrétiens doivent prendre du recul face à toutes ces affirmations, face aux manipulations et face à la tentation des solutions simplistes proposées par le FN : l’enseignement de la Bible doit permettre à chacun de se faire son opinion.

 

Paul Opitz